Au cœur d’une association venant en aide aux Femmes et enfants victimes de violences domestiques. 

Tu le sais probablement – ou pas – mais avec ma boutique en ligne, www.prettywooman.ch, je reverse une partie de mes bénéfices à l’association « Solidarité Femmes » basée à Bienne. Cette association vient en aide aux Femmes et enfants victimes de violences domestiques.

Il était important pour moi de donner un peu de visibilité à cette association. Avec la participation d’Aurélie Landry, Intervenante LAVI et Assistante sociale que j’ai pu interviewer, je te fais découvrir les coulisses de cette association.

Bonne lecture.

-L : L’association « Solidarité Femmes » qu’est-ce que c’est ? 

-A: c’est une association qui a pour but d’offrir des consultations et/ou de l’hébergement pour les femmes et les enfants concernés par la violence domestique. Nous sommes reconnus comme centre « LAVI », centre d’aide aux victimes d’infractions. Nous avons un centre de consultation ambulatoire et une maison d’accueil pour les femmes et les enfants qui ont besoin d’un hébergement sécurisés. 

-L : justement ce terme « LAVI » qu’est-ce que c’est ?

A : la LAVI c’est la Loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions. Cette loi offre aux personnes victimes d’infractions un droit à certaines prestations, c’est par exemple des consultations qui sont gratuites et qui peuvent être anonymes également, un soutien psychosocial, une évaluation de la sécurité, des hébergements sécurisés, un soutien pour des procédures pénales par exemple être accompagné lorsque l’on va déposer plainte, lorsque l’on est auditionné devant le Ministère public ou le juge. Le droit à un soutien thérapeutique, des mesures au niveau de la santé, etc. 


*Sources https://fedlex.data.admin.ch/filestore/fedlex.data.admin.ch/eli/cc/2008/232/20190101/fr/pdf-a/fedlex-data-admin-ch-eli-cc-2008-232-20190101-fr-pdf-a.pdf

-L : comment est financée l’association ? Par la LAVI ? Uniquement des dons ? 

-A : la LAVI est une loi fédérale qui prévoit ce que les cantons doivent payer. Dans le canton de Berne il y a plusieurs centres LAVI et nous nous sommes le centre pour la région biennoise (Seeland, Bienne et Jura Bernois) pour le domaine de la violence domestiques pour les femmes et les enfants. Il y a un autre centre LAVI dans la région qui est là pour d’autres situations comme par exemple des accidents de la route, quand on se fait agressé par une personne qui n’est pas du tout dans le cadre familiale, ou pour les hommes qui sont victimes de violences domestiques. 

Quand on est un centre LAVI, nous avons un contrat de prestation avec le canton, cela veut dire que nous pouvons offrir les prestations financières comme l’hébergement ou des mesures de sécurité, des frais de transport. Le canton subventionne alors cela et verse également à l’association de quoi « vivre » comme par exemple les salaires et les divers frais. Le canton paie donc ce qui est du ressort de la LAVI et les frais de bases et en tant qu’association, on essaie toujours de développer de nouveaux projets, dans la prévention et la sensibilisation par exemple, auprès des professionnels de la santé, des policiers, au niveau des écoles. Ce sont des projets qui sont souvent financés par des dons. On a développé également un groupe de parole pour les enfants qui a été subventionné par les dons. On a également un fond d’aide qui sert à soutenir certaines prestations qui ne sont pas couvertes par la LAVI.

-L : depuis combien de temps existe l’association « Solidarité Femme »?

-A : elle été créée en 1993, donc 28 ans cette année. Et la LAVI a été décidée en 1994 et rentrée en vigueur le 23 mars 2007

-L : l’association « Solidarité Femmes » est spécifique pour Bienne, mais accueillez-vous également des Femmes d’autres cantons au besoin ? 

-A : on ne refuse personne. Il y a aussi dans la LAVI un article qui dit que les victimes ont le droit de choisir leur centre de consultation, on peut donc aller partout en Suisse, dans un lieu où l’on se sent en confiance et en sécurité. 

Simplement, la LAVI est organisée par canton donc lorsque il y a des prestations financières, nous devons toujours regarder avec le canton de domicile. Ça nous arrive d’héberger des femmes qui viennent d’un autre canton soit parce que dans leur canton, il n’y a pas de structure, car malheureusement, il n’y en a pas partout ou si tout est complet ce qui arrive assez souvent ou la sécurité n’est pas suffisante parce que l’auteur est en train de la chercher activement avec des menaces sérieuses, par conséquent, c’est nécessaire d’aller un peu plus loin. 

-L: comment se passe une « prise en charge » 

-A : Il y a en premier une prise de contact qui se fait par téléphone, mais cela arrive aussi que la personne vient directement sonner à notre porte, nous avons toujours une permanence de 09 h à 12 h et de 14 h à 20 h, c’est assez large et tous les jours de l’année et là on analyse la situation globale. Est-ce que ça correspond à notre groupe cible, donc le domaine de la violence domestique des femmes et des enfants auquel cas, on va rediriger vers un autre centre. On fait aussi une évaluation de la sécurité, c’est un élément assez central de notre intervention : quels sont les risques, les besoins et on va déterminer si c’est un suivi ambulatoire ou s’il y a besoin d’un hébergement sécurisé selon ce qu’il y a eu comme menaces. 

Si c’est uniquement une consultation, on va donner un premier entretien. Tout est toujours libre et volontaire, il n’y a aucune mesure obligatoire. On va donner des informations sur les droits. Les femmes viennent avec des questions : « Est-ce que j’ai le droit de partir ? » « Est-ce que j’ai le droit de me séparer »? « Est-ce que j’ai le droit de porter plainte ? », etc. 

On accompagne aussi les personnes chez les avocats, la police. Nous regardons également s’il y a besoin d’une consultation médicale, soit parce qu’il y a encore des traces visibles, ou l’état psychique. Droit de visite des enfants… 

“Quand elles sont dans notre maison d’accueil, il y a une phase de stabilisation, où elles vont pouvoir revivre en étant en sécurité.”

On a un suivi spécial pour les enfants avec un groupe de collaboratrices qui travaillent uniquement pour les enfants qui offrent des activités extérieurs ou créatives. Les besoins des enfants, car souvent, les enfants ne sont pas entendus dans ces situations. On a souvent tendance à considérer qu’ils ne sont pas des victimes, alors que toutes les études montrent que les enfants témoins de violences, même si les violences se passent hors de leur vue, en ressentent les conséquences et sont autant menacés dans leur développement et intégrité. 

“N’importe qui qui a été victime d’infractions devraient pouvoir porter plainte…”

Quand elles sont dans notre maison d’accueil, il y a une phase de stabilisation, où elles vont pouvoir revivre en étant en sécurité. Elles sont souvent étonnées quelques jours après à quel point cela fait du bien de ne plus avoir constamment peur de ce qui va se passer. Elles sont aussi parfois étonnées de voir comme les enfants se comportent différemment et vont mieux, car parfois, elles ont peur de partir de la maison, car elles ont peur de déstabiliser les enfants. 

Les femmes sont alors accompagnées dans toutes les démarches qu’elles font. On regarde avec elles si elles se séparent, les conséquences financières, procédures pénales si elles veulent déposer plainte, la santé, etc. 

-L : est-ce que vous travaillez en étroite collaboration avec la police ?

-A : on a une collaboration avec la police de la région, on rencontre régulièrement les responsables, on discute de ce que l’on peut encore améliorer au niveau de la collaboration. 

Ce sont quand même la plupart du temps, les patrouilles qui interviennent à domicile. Ils ont une petite formation et sensibilisation à cette thématique, mais ce n’est pas énorme. Ce n’est pas facile, pour eux d’intervenir à domicile quand il y a de grosses tensions et d’évaluer aussi ce qui s’est passé. Tout ne peut pas être clair tout de suite, parfois. 

-L : j’ai discuté avec certaines de mes abonnées qui tristement ont subi des violences domestiques, beaucoup de personnes m’ont dit qu’elles sont allées à la police et qu’elles n’ont rien pu faire, car il n’y avait pas de « traces visibles » sur le corps. Donc on laisse ce doute planer autour de la personne qui inflige ça?

-A : ça ne devrait pas se passer ! N’importe qui qui a été victime d’infractions devraient pouvoir porter plainte et ce n’est pas non plus à police de porter un jugement si cela est vrai ou pas. Dès qu’il y a une plainte, le Ministère public va pouvoir enquêter et décider et demander des preuves. 

La violence n’est pas toujours facile à prouver. Il y a des rapports médicaux qui peuvent être faits par différents professionnels. Il y a un moment ou effectivement, c’est la parole contre l’autre. Ce n’est pas évident pour la justice de déterminer, mais à priori ça vaut toujours la peine de porter plainte et aussi se préparer à cette plainte, car selon comment, on raconte les choses, on va rendre l’histoire plus vraisemblable. Les personnes qui ont vécu ces traumatismes, ne sont sur le moment pas en état de pouvoir créer un récit cohérent à l’interlocuteur et on se dit « ça ne tient pas debout » alors qu’on sait que les séquelles post-traumatiques font que nous ne sommes pas capables d’avoir de récits cohérents. Mais il faut aussi que la personne en face pose les bonnes questions pour avoir les informations. 

-L : d’où l’utilité d’une formation pour les forces de l’ordre… Une phrase que j’ai beaucoup entendue des personnes qui me lisent et qui ont vécu ça, c’est « On attend que je sois dans un cercueil pour réagir. » On se demande ce qu’on doit prouver pour dire que j’ai subi telles ou telles violences. 

-A : la police agit dans un cadre de loi très stricte où elle doit établir s’il y a eu un délit ou pas et quand on est dans le cadre de la violence psychologique, c’est plus difficile de déterminer un délit ou pas parce que l’auteur peut contrôler le téléphone, vérifier les contacts, faire des reproches constamment, rabaisser. On n’est pas vraiment dans un délit pénal pourtant la dynamique de violence est très claire. Pour la personne qui vit ça, c’est certain que c’est insupportable et c’est une atteinte à son intégrité. Par contre pour les policiers, ce n’est pas vraiment un délit pénal. C’est pour cela qu’à ce moment-là, c’est bien de se tourner vers d’autres personnes parce qu’il y a des mesures à prendre quand même au niveau de la sécurité et la police ne peut pas parfois, dans ces cas-là, offrir ce que la personne concernée espère. La police peut offrir des mesures d’éloignement, on peut demander par l’intermédiaire d’un avocat des interdictions de contacts, des mesures d’interdiction de périmètre, mais ça n’empêchera jamais totalement à l’auteur de continuer. Cela peut lui mettre des barrières, mais s’il veut la contacter. Il n’y a pas un policier qui se tient à côté de chaque personne concernée. On conseil beaucoup tout ce qui concerne les nouveaux médias, par exemple bloquer la personne sur les réseaux, changer de compte, désinstaller certaines applications, enlever la géolocalisation, etc. Parfois, c’est nécessaire d’avoir une distance physique, soit de déménager. C’est très dure, car c’est vraiment injuste pour la personne concernée. 

-L: prenez-vous également à charger des Femmes ayant subi « uniquement » des violences psychologiques ?

A: la LAVI définit clairement qu’elle offre des prestations aux victimes d’infractions qui portent à l’intégrité physique, psychique ou sexuelles. Il n’y a aucune violence dans la violence domestique qui est pire que l’autre. Certaines Femmes l’ayant subi disent que parfois la violence psychique ou verbale est la plus difficile à supporter parce qu’elle prend énormément de place et c’est une dynamique qui imprègne toute la relation. Alors que la violence physique est « épisodique », ce n’est pas des moments continus. 

Ce qui est important dans ces moments, c’est de ne pas rester seule. 

-L: c’est extrêmement difficile de faire ce pas, de quitter cette personne qui te rabaisse. Ces personnes ont vraiment une forte emprise. Ça ne devrait pas rester impuni. 

L: Avez-vous déjà fait face à un féminicide ? Par exemple, une femme qui est venue pour du soutien auprès de l’association qui est retourné vers son bourreau et puis malheureusement ça s’est mal terminé ?

A : en tant que centre LAVI on a une obligation de garder le secret donc on ne peut pas révéler des situations concrètes par contre c’est quelque chose qui arrive, malheureusement. Statistiquement cela touche aussi notre région, on sait que ce sont environ toutes les deux semaines en Suisse qu’une femme se fait tuer par son partenaire. Notre mission, c’est de vraiment tout faire pour que cela n’arrive pas. C’est pour cela qu’on examine chaque risque minutieusement. Heureusement, ce ne sont pas toutes les situations qui sont comme cela. Mais c’est toujours le risque. On doit prendre en compte le « on sait jamais ». 

On sait aussi que la violence peut continuer après une séparation puisque les fémicides peuvent arriver en pleine rupture. Ce qui dépend aussi, c’est à quel point l’auteur est fixé sur la personne. Ça devient dangereux quand un homme dit qu’il n’a plus rien d’autre à faire, et qu’il n’a plus rien à perdre et là, il y a tous les indices qui sont au rouge. S’il a en plus de ça d’autres expériences de violences, comme par exemple : avoir déjà tenue une arme dans sa main, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.


Place maintenant aux questions des abonnés. J’ai dû effectuer un gros tri, car beaucoup de questions se ressemblaient ou étaient identiques ou elles avaient déjà été répondues lors de l’interview. 

  1. Est-ce que parfois, les Femmes retournent vers leur bourreau ? 
    – A : c’est un phénomène qui arrive très souvent. On dit qu’en maison d’accueil, il y a environ un quart de personne qui retourne vers l’auteur. On sait aussi que cela fait parti de la dynamique de la violence domestique. C’est des vas et viens. On parle alors de la spirale de la violence avec différentes phases. Une première phase avec une accumulation de tensions dans la relation et qui mène vers cette première explosion de violence et très souvent après cet événement il y a la phase qu’on appelle « la lune de miel » qui est une phase où il y a des regrets, des promesses avec des « je suis désolé », etc. En principe, ce sont des promesses sincères, car l’auteur se rend compte qu’il a fait quelque chose de  mal et souhaite ne plus recommencer. Donc des promesses pour une vie à nouveau meilleure. « On va changer, on va s’en sortir », etc. Des cadeaux également, tout ce qui fait que la relation redevient normale. Ça peut durer un certain temps jusqu’à ce que ça recommence, avec des tensions de la vie quotidienne qui refont surface. Et là survient  la prochaine explosion. Et ainsi de suite… 

On l’appelle spiral, car on a remarqué que ces épisodes ont tendance à se rapprocher, de s’accélérer et sont de plus en plus massifs. Donc si une baffe « suffisait » au début ça sera, ensuite, des coups de poing et etc…

C’est important d’interrompre cette spirale avant qu’elle n’aille trop loin.

Cela explique pourquoi il y a des vas et viens, car la phase de « lune de miel » peut durer longtemps. 

3. est-ce qu’elles retournent parce que certaines fois, il y a une forme de peur, de honte ? Elles se disent « finalement, il n’est pas si mauvais, etc. »? 

A : oui, tout à fait. Il arrive que l’auteur dise des choses telles que « de toute manière, tu peux faire ce que tu veux, je vais te retrouver », etc. Là, on se dit que c’est plus sûr de retourner. Quand elles sont avec l’auteur, elles ont en quelque sorte un certain contrôle sur la situation : où il est, qu’est-ce qu’il fait. Quand elles sont loin, elles ne savent pas qu’est-ce qui risque d’arriver. 

4. L : comme se passe l’après? Une fois qu’elles ont eu la force de quitter l’auteur. Est-ce qu’il y a un suivi de votre part ? 

A : c’est au besoin. Un suivi chez un psychothérapeute si elles ont besoin. Si c’est un harcèlement qui va continuer, ou une procédure pénale, on offre un suivi. 

5. L : est-ce que ça arrive qu’une personne ait carrément changé de canton/ville/pays ?
A : il y en a beaucoup qui changé de ville/commune. Des fois, parce qu’elles sont hébergées chez nous et qu’elle développe un réseau. 
C’est souvent assez nécessaire de mettre une distance physique, c’est parfois la seule façon de faire que ça s’arrête, parce que tant que l’on se croise dans la rue, ça peut toujours réactiver le processus.

6. L : comment font les enfants scolarisés ? Donnez-vous des leçons ? Ou ils continuent d’aller à la même école ? 

A : il y a des pères qui ne vont pas du tout aller chercher leurs enfants à l’école, mais il y en a d’autres qui vont le faire. Ça arrive que des enfants continuent d’aller à l’école et là, on va essayer de sensibiliser les enseignants, la Direction… La plupart du temps, lorsqu’il y a besoin d’un hébergement sécurisé, les enfants auront malheureusement leur scolarité interrompue. On sait que c’est une priorité et un droit fondamental pour les enfants d’aller à l’école. La sécurité reste donc la première priorité. On essaie alors de trouver un autre endroit pour la scolarisation. Les profs envoient aussi les devoirs aux enfants pour éviter au maximum des grosses interruptions. 

7. L : lorsque les Femmes viennent au centre, déposent-elles automatiquement plainte ? 

A : il y en a parfois une grande partie qui ne souhaite pas porter plainte. Elles veulent seulement vivre en paix et ne plus voir l’auteur et qu’il ne puisse plus lui faire du mal. Souvent, ce n’est pas parce que l’on va porter plainte que ça va s’arrêter, c’est triste à dire, mais c’est malheureusement le cas. Il y a aussi parfois des choses qu’on n’a pas envie d’entendre au poste de police, comme par exemple, « si vous n’avez pas de preuves, ça ne va servir à rien » ça devient donc difficile. On conseille de porter plainte, mais c’est à la personne de décider. 

8. L: durant la pandémie y’a-t’il plus de violences recensées ?

A : ce qu’il faut savoir, c’est que les violences domestiques se passent de manière cachées, car ça se passe à la maison. C’est toujours très difficile de savoir. On voit toujours la pointe de l’iceberg, les personnes qui s’adressent à nous, la police voit les plaintes. 

La Police Cantonale Bernoise a dit qu’en 2020, elles ont eu 40 % de plus d’interventions pour la violence domestique, c’est énorme ! Nous, nous n’avons pas eu une augmentation pareille, mais il y a beaucoup de demandes depuis l’hiver passé. Au début du semi-confinement, nous avions l’impression que les Femmes avaient peur de sortir. On entendant sans arrêt dans les médias « Restez chez vous. », c’est un peu contradictoire. Sauf que rester chez soi, ce n’est pas sûr non plus. Partir de chez soi avec ses enfants, c’est toujours difficile, mais là ça l’est encore plus. 

Dans la maison d’accueil, nous avons dû réduire nos places, et trouver d’autres solutions à l’extérieur. Nous avons fait beaucoup d’entretien par téléphone. 

9. L : où peut-on effectuer des dons ? Matériels et monétaire ? 

A : pour les dons monétaires : https://solfemmes.ch/index.php/fr/association/dons

En ce qui concerne les dons matériels ; vêtements, vêtements d’enfants, couches pour les enfants, protections hygiéniques, etc. ; il faut nous contacter au préalable par téléphone au : 032/322.03.44

Cela nous permet de nous coordonner pour ne pas se retrouver submerger des vêtements et d’autres choses.

En principe, nous acceptons très volontiers. 

10. L : est-ce que vous avez remarqué plus de violences au sein d’une famille étrangère ? Ou un statut social en particulier ? 

A : en principe toutes les études ainsi que notre expérience montrent qu’il n’y a pas de différence entre des classes sociales ou d’autres origines. Ça arrive dans tous les milieux. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a des facteurs de risques ; la précarité, l’instabilité financière, etc. auxquelles certaines personnes migrantes sont plus souvent confrontés. 

11. L: nous avons déjà parlé de ce à quoi font face certaines Femmes et enfants comme violences, mais avez-vous eu des cas, par exemple, de mariages forcés, mutilations sexuelles, des séquestrations de papiers. 

A: ce n’est pas que dans les films. Les mutilations sexuelles sont très courantes. C’est un « phénomène » qui est extrêmement répandu, aussi en Suisse. Mais rarement les femmes nous contactent directement pour cela. Ça va arriver peut-être plus tard dans le suivi, mais pas directement en premier pour ça. Ce qui est du viol au sein du couple aussi, il est reconnu par la loi depuis pas si longtemps. On a encore beaucoup d’idées reçues du « devoir conjugal ». Les mariages forcés, c’est une réalité très présente en Suisse. Juste avant les vacances d’été, nous avons des jeunes femmes qui nous contactent en disant que les parents ont prévu un voyage dans le pays d’origine… Elles doivent vite s’enfuir avant. Séquestration de papiers d’identité, nous connaissons bien également. 

Nous avons eu contact avec environ 800 personnes en 2020.

12 : L: que doit-on faire si en tant que voisin nous entendons des choses qui nous font penser à des violences domestiques ? Quel est le premier reflex ?

A : ce qui est important, c’est ne pas se mettre en danger soi-même. Aller sonner à la porte et demander si tout va bien, c’est s’exposer à un risque et ça ne va peut-être pas améliorer la situation pour la personne qui vit ceci. Il ne faut pas rester seul.e, lorsque l’on est témoin à distance, prendre contact avec nous, de voir ce qui est possible de faire, alerter la police, c’est vraiment en cas de soupçons extrêmes. C’est un bon réflexe. 

L’ideal, c’est d’en parler directement avec la personne en lui proposant un café, discrètement. Montrer à la personne qu’elle n’est pas seule et que tu as entendu ou vu quelque chose. 

Dans le temps, on avait dans l’idée que les violences domestiques révélaient du privé, et à présent toutes les lois sont faites en sorte dont il s’agit d’un problème de santé publique. C’est quelque chose qui concerne tout le monde. 

13: L : combien de personnes accueillis en 2020 chez Solidarité Femmes?

A : Nous avons eu contact avec environ 800 personnes, et ça concerne aussi, une voisine ayant appelé pour demander conseil. En maison d’accueil, nous avons eu une année avec moins d’accueil à cause de la pandémie. Nous avons eu 44 femmes et 45 enfants qui ont été accueils. En tout ça fait plus de 100 personnes. Ça fait beaucoup pour la région… 

L : ça fait beaucoup de monde effectivement. Espérons que ces violences diminuent. Merci infiniment Aurélie de m’avoir accordé cette interview pour mon blog. 


Toute personne a le droit au respect et à son intégrité physique, psychique et sexuelle. Lorsque, du fait d’une infraction, une personne subi une atteinte à son intégrité physique, psychique et/ou sexuelle, elle est reconnue en tant que victime et peut bénéficier d’un soutien selon la LAVI.

La violence domestique peut prendre plusieurs formes, laissant des traces sur les femmes et les enfants concernés.

Que faire si je suis témoin ou personne de confiance :

  • Transmettez le numéro de Solidarité Femmes Biel/Bienne & région : 032 322 03 44 et la ligne AppElle! 031 533 03 03 et la police 117
  • Restez en contact avec les personnes dont vous savez qu’elles subissent de la violence domestique et prenez régulièrement de leurs nouvelles
  • Demandez conseil à un.e intervenant.e LAVI en appelant le numéro 032 322 03 44.
  • Appelez la police si vous entendez des cris ou des coups chez vos voisins.

Pour plus de détails : consulter le site de Solidarité Femmes Biel/Bienne & région.

APPELLE! – Une ligne d’urgence pour les victimes de violences dans la sphère familiale.

Un projet de trois maisons d’accueil du canton de Berne . La hotline offre gratuitement 24h sur 24h protection, hébergement d’urgence sécurisé pour les femmes et leurs enfants victimes de violences domestiques , ainsi que des consultations téléphoniques.

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